A cet instant subtil où l'homme se
retourne sur sa vie,
Sisyphe, revenant vers son rocher,
contemple cette suite d'actions sans liens
qui devient son destin,
créé par lui, uni sous le regard de sa mémoire et bientôt scellé par sa mort.
Ainsi, persuadé de l'origine tout humaine de tout ce qui est humain,
aveugle qui désire voir
et qui sait que la nuit n'a pas de fin,
il est toujours en marche.
Le rocher
roule encore.
Je laisse Sisyphe au bas de la montagne!
On retrouve toujours son fardeau.
Mais Sisyphe enseigne la
fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers.
Lui aussi juge que tout est bien .
Cet univers désormais sans maitre ne lui parait ni stérile ni futile.
Chacun des grains de pierre, chaque éclat minéral de cette pierre,
chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit,
à lui seul forme un monde.
La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un c½ur d'homme.
Il faut imaginer Sisyphe heure...